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To the bone : était-ce vraiment une bonne idée ?

[TW TCA]

J'en suis à mon sixième ou septième visionnage de To the bone produit par Netflix. C'est une fiction inspirée de vécu à propos d'anorexie (et on mentionne d'autres TCA parfois). Je sais que certaines personnes pensent que c'est une bonne idée de donner plus de représentation aux maladies mentales parce que ça aura un but pédagogique auprès du grand public et que ça pourra aider les malades à être mieux compris par leur entourage. C'est vrai que sur le principe, ça devrait fonctionner comme ça, non ? On montre quelque chose à l'écran, les gens apprennent des choses de ça, et ça simplifie la vie. Je devrais déposer ici mon sarcasme, prendre une grande inspiration, et vous expliquer que non, en fait ça marche pas comme ça. Et surtout pas avec un film comme To the bone.
Il n'y a rien de bien dans ce film. Ou plutôt, il y a toutes les erreurs typiques des films sur les TCA, et des choses divertissantes (ha, tu le vois le problème quand on prétend f…

Date de péremption

[TW/CW Attention cet article évoque très fort le suicide et les TCA [notamment l'anorexie]]

Je n'avais pas prévu de vivre jusque là, moi. A mes neufs ans j'ai décidé que je mourrais à 16 ans. Puis à 16 ans je me suis dit que quand même, il y avait cette personne chouette et les livres et que ça valait peut-être un peu la peine de continuer, non, si, peut-être ? Alors ça serait à mes 18 ans. J'avais un dernier été pour écrire un livre. Et puis mourir sans jamais devenir adulte. Et puis je suis tombé amoureux par hasard et durant deux ans et demi et presque trois en fait j'ai appris à me sentir heureux pour de petites choses pratiquement insignifiantes histoire de compenser ma tempête intérieure.
(Et puis il y avait Αναφαινεται ο ἒλιος)
Et donc je suis là à 20 ans presque 21 et je ne sais plus tellement quoi faire de ma vie.
L'anorexie me tend ses bras grands ouverts et je résiste comme je peux (mais je me hais de résister, je me hais de faire passer les envies de…

Charles d'Orléans ou la mise en scène de soi

Autant commencer par parler de Charles d'Orléans puisque le nom du blog vient directement de son Livres des amis. Et puis ça tombe bien parce que ça touche un sujet qui m'intéresse plutôt : l'écriture comme thérapie (et Charles d'Orléans).
Ce qui est génial avec la poésie de Charles d'Orléans c'est que contrairement à des tas d’œuvres du Moyen-Âge, eh bien...On a un auteur, pour une fois. Et plein d'infos biographiques. Et j'adore penser les œuvres en fonctions du milieu et des auteurs (même si parfois penser une oeuvre en fonction de son auteur ça donne des gros biais d'interprétations (oui je parle de vous, préfaciers de Virginia Woolf)). Donc, brève biographie du monsieur : quand il avait 13 ans, son père est assassiné par son rival politique et le jeune Charles d'Orléans se retrouve à la tête d'une guerre civile (c'était sympa le XVème siècle (non)). Puis quelques années plus tard, il est fait prisonnier lors de la bataille d'Az…