Le résumé de la transitude

J'oublie toujours de les mettre mais : [CW / TW TCA, psychophobie intériorisée (?), self-harm]

C'est parti pour le deuxième article de ce blog (j'ai sept brouillons en cours et je ne me sens d'en publier aucun, d'ailleurs je sais pas vraiment si je me sens de publier celui-là ou pas). Comme tu le sais peut-être soit si tu me connais (et que je t'ai fais un CO sans aucune délicatesse à base de "oui hé bah en fait euh je suis un garçon voilà voilà") soit si tu me suivais sur l'autre blog (et que je t'ai fais un CO à base de "glissons ça délicatement dans un article" (et après ça on voudrait que je m'out à mes parents)), je suis un garçon trans.
C'est-à-dire que jusqu'à mes 20 ans, les gens croyaient que j'étais une fille, et que j'étais plus ou moins d'accord avec ça.

Si tu veux bien je vais te refaire un historique de mon genrement (depuis l'intérieur de ma tête)(va y'avoir beaucoup de contexte et de racontage de vie attention) :

- Enfance jusqu'à mes 13 ans : je me sens clairement agenre ou alien (mais je pense que c'est très dû à ma socialisation qui s'est principalement faite en tant qu'autiste, donc alien-au-pays-des-NT), mais pas une fille. J'ai un peu près des seins depuis mes 10-11 ans et je suis pas très d'accord avec ça (au point de les bander parfois, même si j'abandonne vite parce que les résultats sont pas très probants).

- A partir de 13 ans je sors de mon caractère d'alien et j'essaye d'imiter mes amies filles que ce soit dans les comportements comme dans les vêtements. Je commence à développer des TCA de nature boulimique-anorexique parce que je me sens mal dans mon corps trop féminin (j'en parle parce que mes TCA sont vraiment liés à ce "genrage" de mon corps) et que je vis des trucs un peu nuls à l'époque. Je suis toujours pas d'accord avec l'étiquette "fille" et encore moins avec "femme" et je vis pas trop bien le fait de ne pas avoir un corps androgyne (à l'époque dans ma tête androgyne ça voulait dire ultra-mince).

- A mes 16 ans, en plein dans un contexte très violent (mes TCA avaient beaucoup empiré en trois ans de "oh mais ça passera tout seul de toute façon je suis pas maigre" et je passais mon temps à vomir globalement, et niveau scarifications c'était bof ça), je commence à ne plus reconnaître la personne que je vois dans le miroir avec son corps très mince et ses longs cheveux noirs. Et un soir après une crise je "split". La personne qui m'inflige toute cette violence, ce n'est pas moi c'est elle. L'autre. La fille mince et brune dans le miroir avec ses yeux éclatés et son rire qui déraille.
(très cliché, mais c'était vraiment ça).
C'est comme ça pendant un petit moment où je tangue entre le moi normal et la moi folle (mais surtout la version "folle"), puis ça se calme peu à peu pendant la terminale au fur et à mesure de mes discussions avec une certaine personne rencontrée sur l'ancien blog (et grâce au théâtre où je joue un personnage extrêmement classe qui me permet d'exprimer mes trucs fous et qui a le bon goût d'être un homme)(oui j'ai passé beaucoup de temps à me travestir et à niquer le djendeur au théâtre).

- Vers mes 19 ans je commence à me sensibiliser aux problématiques de genre et à me penser "genderfluid" vu que je me sens pas femme du tout mais parfois je suis un peu ça quand même je crois j'en sais rien (c'était très l'errance et la peur d'être encore plus mal dans mon corps). Je commence à utiliser de plus en plus le masculin pour parler de moi (il paraît que j'ai toujours fait ça mais je ne m'en souviens pas vraiment), ou les formes neutres. 

- Vers mes 20 ans (cette année donc) j'ai de plus en plus de phases où je me sens garçon mais comme physiquement ça colle pas du tout ces phases me mettent plus mal qu'autre chose, mais je supporte de moins en moins qu'on me parle au féminin. 
Vers mars-avril, je demande à mon copain et mon amoureuse de me genrer uniquement au masculin et de pas utiliser mon prénom (même si comme je ne l'aime pas de base en général j'essaye de demander aux gens de ne pas l'utiliser s'iels peuvent). Je m'achète un binder (c'est un truc pour comprimer la poitrine) mais comme je suis un crétinus à tendance dysmorphophobique je le prends trop grand donc ça ne me comprime pas assez et le résultat est nul (et puis je le perds dans mon foutoir en plus). 
Je change de prénom et je m'oute auprès de ma grande soeur et de quelques amis (et leur demande d'utiliser mon nouveau prénom, Leo (qui s'écrit sans l'accent parce que je sais pas je dois aimer que les gens se trompent en écrivant mon prénom)(rappelons quand même que je portais le prénom féminin avec le plus de variantes orthographiques possibles)). Puis de quelques autres amis.
Et je me rends compte qu'en fait je me sens vraiment bien dans ce genre là (enfin pas dans la masculinité toxique ça c'est nul).
Et qu'en plus j'ai nettement moins de tendances TCAtesque et que je déteste beaucoup moins mon corps maintenant que je me suis soustrais aux injonctions de "une fille doit ressembler ça ça ça et ça" (comme je ne socialise pas et n'ai pas été socialisé en tant que garçon "uniquement" je me sens très libre dans mon expression de genre même si pas toujours légitime).
Voilà l'histoire de ma découverte de ma transitude.
C'était long hein. Et un peu chiant ?

(si vous avez plein de questions allez-y)
(sauf si vous voulez me demander si j'ai un pénis parce que, honnêtement, je vous demande si vous en avez un vous ? Non, parce que c'est pas très poli de demander le contenu de leur sous-vêtements à des gens.)

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